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Ordre des Hyménoptères : les guêpes sociales

Les espèces de guêpes sont nombreuses et toutes identiquement noires et jaunes pour le néophyte. Les guêpes redoutées pour leur piqûre douloureuse, leur relative agressivité et leur penchant pour les mets sucrés font généralement des nids souterrains, dans des endroits dégagés. Deux espèces sont parmi les plus abondantes et les plus connues : la guêpe germanique Vespula germanica et la guêpe commune Vespula vulgaris. Il existe d'autres espèces de guêpes, dont Dolichovespula norvegica, la guêpe norvégienne, qui construit un nid accroché dans un buisson, généralement à proximité d'un cours d'eau.

L'identification des différentes espèces repose sur la morphologie faciale (longueur des joues par exemple) et les dessins colorés du corps et de la tête. Les guêpes qui font les nids tant redoutés dans les dépendances et les sous-toitures sont parfois des espèces non agressives, comme la guêpe saxonne Dolichovespula saxonica (ci-dessous). Toutes les colonies sont éphémères : les ouvrières trouvent de moins en moins de nourriture en automne et meurent. Les larves amaigries tombent de leurs logettes, et seules les futures reines fécondées recherchent un abri pour hiverner.

La matière première de fabrication des nids est une pâte à papier élaborée à partir de salive et de fibres de bois raclées par l'insecte sur des souches, des piquets, des troncs d'arbres. Cette pâte est étendue en bandes minces dont la couleur varie selon les fibres de bois utilisées, donnant au nid un cachet unique. Chaque bande colorée constitue la part d'enveloppe construite par une ouvrière avec une boulette de papier mâché qu’elle a fabriquée. Le résultat commun est une oeuvre architecturale artistique.

Les nids de guêpes et de frelons sont formés d'une succession de rayons de cellules reliés par des piliers, le tout enfermé dans une enveloppe extérieure multi-couches. Voyez ci-dessous la structure interne d’un nid souterrain de guêpe germanique.

Le gros-plan d'un rayon du nid de guêpe saxonne montre des alvéoles occupées par différents stades de développement, depuis les oeufs jusqu'aux nymphes enfermées dans leur cocon de soie. Les larves grandissent la tête en bas, maintenues dans leur cellule par leur taille. Les alvéoles restent ouvertes pendant leur croissance, et les ouvrières viennent les approvisionner en nour-riture. Les cellules apparemment fermées contiennent des nymphes dans leur cocon de soie. Après l'émergence des nouvelles guêpes, leurs cellules sont réutilisées pour un nouvel oeuf. Une cellule sert donc plusieurs fois sur le durée de vie de la colonie.



Il n'est pas rare de trouver de telles ébauches. En effet, la femelle fondatrice construit seule le premier rayon et la première enveloppe du nid, et assure seule le ravitaillement du premier lot de larves. Si elle disparaît précocement, le nid reste inoccupé.

Ne confondez pas les guêpes (Hyménoptères) avec les syrphes (Diptères, exemple ci-dessous). Les syrphes sont des mouches qui ont une livrée colorée et un bourdonnement semblables aux guêpes ou aux abeilles. Il s’agit d’un cas de mimétisme. Les yeux et les antennes sont très différents au premier coup d’oeil. Elles sont floricoles et ne demandent qu’à sortir des maisons où elles ont pénétré.

Les frelons Vespa crabro (insectes Hyménoptères) se distinguent des guêpes par la couleur rouge de leur thorax et de leur tête. Leur grande taille effraie : c'est le plus gros des hyménoptères sociaux européens, atteignant 25 à 35 mm de long. Il arrive que des femelles fécondées rentrent dans les bâtiments, à la recherche d'un lieu abrité pour hiverner (grenier,…). Elles ressortent à la mi-avril.

Les frelons, comme les guêpes, sont des prédateurs qui chassent principalement les mouches. L'étude de leur régime alimentaire a démontré leur action bénéfique à ce sujet. Vraiment peu agressifs, ils méritent notre respect, au moins pour services rendus.
 



 
Les nids de frelons comportent des sculptures tubulaires longitudinales. Assez imposants, ils sont construits dans une cavité (arbre creux, nichoir,…) ou un recoin obscur. L'enveloppe externe est faite de 3 ou 4 couches et le bas est largement ouvert et coupé assez droit.
 

 

Ordre des Hyménoptères : les abeilles solitaires

Les abeilles solitaires sont précoces et exploitent les premières fleurs printanières. Cette Anthophore mâle Anthophora plumipes butine spécifiquement les pulmonaires, à l'aide de sa très longue trompe. La femelle nidifie dans le sol ou dans le mortier bâtard des vieux murs. Elle y creuse des galeries : il arrive qu'elle traverse à cette occasion le labyrinthe interne des vieux murs épais et se retrouve à l'intérieur de la maison, d’où elle ne demande qu’à sortir.

Les Osmies rousses Osmia rufa font leur nid dans diverses cavités horizontales qu'elles ne creusent pas elles-mêmes. Elles utilisent par exemple de vieilles galeries creusées dans les murs par les anthophores. Mais elles acceptent volontiers des nichoirs adaptés : bouquets de tiges de bambous ou briques, pierres, blocs de bois et demi-troncs forés de trous de diamètres différents (5 à 10 mm), … Les nichoirs doivent être exposés au sud et placés dès le mois de mars.

Après l'accouplement, la femelle aménage seule 5 ou 6 cellules successives séparées par une cloison en terre gâchée dans un tunnel. Elle dépose un mélange de pollen et nectar comme ration alimentaire pour la larve, et pond un oeuf par cellule. L'ensemble du nid est fermé par un épais bouchon de terre. Elle construit ainsi plusieurs nids jusqu'à sa mort.

Des petits monticules sableux entre les pavés d’un trottoir, ou sur le sol d’un chemin ou d’une pelouse éparse sont un indice de la présence d'Andrènes, qui creusent des nids dans le sol. Il arrive que la présence massive de ces animaux dans l'allée ou le jardin d'une maison décourage les visiteurs : bien à tort, car ils sont inoffensifs. Les rassemblements de nids ne sont pas des colonies, mais des agglomérations, un peu comme se crée un village. Ce phénomène est renforcé chez certaines espèces par l'émission d'une phéromone qui incite les autres femelles à nicher au même endroit.

Ordre des Hyménoptères : les fourmis

Les fourmis font des incursions occasionnelles dans les habitations, à la recherche de nourriture sucrée notamment. Elles proviennent généralement d'un nid souterrain proche de la maison, sous une terrasse ou des pierres, ou dans un trou de mur. Il arrive cependant que certaines espèces établissent leur nid à l'intérieur, dans du bois humide et donc fragilisé.

Comme espèces exclusivement d'intérieur, retenons la fourmi des pharaons Monomorium pharaonis et la fourmi d'Argentine Iridomyrmex humilis, d'origines tropicales.

Ordre des Hyménoptères : le sirex

Le sirex géant Urocerus gigas entre accidentellement dans les maisons avec les bûches que l'on rentre pour faire du feu et dans lesquelles une larve se développait. La femelle, plus grande que le mâle, mesure 24 à 44 mm d'envergure. Elle pond ses oeufs généralement dans les épicéas. Les larves grandissent dans ce bois pendant deux ou trois ans avant de se métamorphoser en imago. Il peut arriver qu'un adulte sorte d'un bois d’oeuvre fraîchement débité, y laissant un trou rond important. Mais ce bois devenu trop sec ne sera plus utilisé comme site de nouvelle ponte.

Attention, quoique ses couleurs vous fassent penser à une guêpe, cet animal est inoffensif car il ne possède pas d'aiguillon. Le long "dard" qui prolonge son abdomen est en fait une tarière qui permet à l'animal d'enfoncer ses oeufs sous l'écorce. Cet individu est donc une femelle. Il existe d’autres espèces de Sirex.

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